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Les services de santé en français au temps de la COVID-19 :

une histoire de persévérance, d’adaptation et de résilience

Rapport annuel 2020-2021

Écran d’un logiciel de visioconférence. Des membres de la communauté francophone et des professionnels de la santé participent à la réunion virtuelle.
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Notre vie s’est radicalement transformée au cours des derniers mois et nous avons tous dû faire preuve d’entraide, de détermination et de solidarité. Mais la crise a aussi accentué l’importance pour notre communauté d’avoir accès à des services de santé de qualité en français. Malgré les défis engendrés par la pandémie et la restructuration en cours du système de santé, le Réseau a poursuivi son mandat afin que les francophones aient accès à des services de santé équitables et sécuritaires, et ce dans leur langue.

C’est donc dans cet esprit que nous vous invitons à explorer notre Rapport annuel 2020‐2021.

Bonne navigation !

Une femme enceinte reçoit son vaccin contre la COVID-19.

Mot du président du conseil d’administration

J’aimerais entamer ce Rapport annuel 2020‐2021 en offrant mes plus sincères condoléances à tous ceux et celles qui ont perdu un être cher au cours de la dernière année. La pandémie de COVID-19 a engendré la plus importante crise sanitaire depuis plus d’un siècle, et plusieurs d’entre nous avons dû vivre un deuil dans des circonstances très difficiles.

La COVID-19 a également mis en relief les failles de notre système de santé, notamment dans le secteur des soins de longue durée. Malheureusement, force est de constater que la communauté francophone a été touchée davantage en raison de son statut de communauté de langue officielle en situation minoritaire : l’impossibilité d’accéder à des informations pertinentes en français en temps réel, ou encore le développement de services de santé virtuels offerts uniquement en anglais n’en sont que quelques exemples. De même, certains francophones qui vivent dans des foyers de soins de longue durée ont été particulièrement défavorisés ; privées des visites de leurs proches aidants, ces personnes vulnérables se sont retrouvées complètement isolées, incapables de communiquer en anglais avec le personnel soignant.

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C’est pour éviter que de telles situations – complètement inacceptables – se reproduisent, que le Réseau poursuit son travail avec une ardeur renouvelée.

Fidèles à notre aspiration organisationnelle d’être un partenaire actif de la transformation du système de santé1, nous poursuivons nos interventions en amont auprès du ministère de la Santé et des RLISS (Santé Ontario), dans l’objectif de minimiser les impacts négatifs pour les communautés francophones. C’est dans cet esprit que nous avons effectué plusieurs suivis concernant les recommandations du Regroupement des Entités de planification des services de santé en français de l’Ontario sur l’adoption du nouveau Règlement des entités en application de la Loi de 2019 pour des soins interconnectés.

Nous avons notamment rappelé à la ministre de la Santé qu’elle s’était engagée, en mars 2020, à nous proposer des outils administratifs afin de répondre aux enjeux soulevés par les Entités. Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons toujours pas reçu de réponse.

Le 5 décembre 2020, les six Entités ont vu leur mandat renouvelé pour une période de deux ans. Il s’agit d’une nouvelle mi-figue, mi-raisin : d’un côté, nous sommes ravis de la stabilité qui nous est ainsi allouée. D’autre part, nous sommes déçus de constater que le mandat des six Entités demeure le même, et que la restructuration en cours du système de santé n’ait pas donné lieu à un réalignement géographique des Entités avec les cinq régions de Santé Ontario. Il s’agit donc d’une occasion manquée d’appliquer la perspective francophone en amont de la transformation, plutôt que de procéder à des ajustements a posteriori.

Cela est d’autant plus fâcheux compte tenu du travail proactif mené à cet effet par le Regroupement des Entités. Aussi, malgré cet inconvénient, le Réseau continue de collaborer avec les autres Entités afin de créer une Entité provinciale analogue à Santé Ontario.

Enfin, à l’heure actuelle, les vaccins contre la COVID-19 font leur chemin vers nos communautés, et la réforme du système de santé – mise sur la glace pendant la pandémie – reprend de plus belle. Fort des leçons apprises, le Réseau poursuivra donc son travail-conseil afin de coconstruire un système de santé plus efficace et plus empathique pour les Ontariennes et Ontariens de tous les horizons.

Mon message le plus important s’adresse à tous les professionnels de la santé et des services sociaux et communautaires qui travaillent sans relâche depuis plus d’un an. Nos membres corporatifs ont transformé leurs services rapidement afin que les francophones puissent continuer d’avoir accès aux services dont ils ont besoin, et ce dans leur langue. Merci de votre incroyable travail !

En terminant, nos réalisations n’auraient été possibles sans l’engagement et l’appui des membres du conseil d’administration ; je les remercie sincèrement du privilège qu’ils m’accordent en me permettant de siéger à titre de président. Je salue également le travail extraordinaire accompli par la PDG Jacinthe Desaulniers et son équipe de professionnels.

Notre communauté a fait preuve de résilience et de solidarité en respectant les mesures sanitaires. Grâce à notre action collective, nous pouvons espérer des jours meilleurs.

Alain-Michel Sékula
MBA, CMC, Colonel (Honoraire) FAC-CAF


  1. « Partenaire dans la transformation du système de la santé, le Réseau oriente de façon significative l’offre active et les stratégies d’accès aux services de santé en français. Il suit la mise en œuvre de ces orientations et contribue à des solutions viables de services de santé de qualité en français. »
Deux professionnels de la santé, une femme en uniforme médical rose et un homme en uniforme médical vert. La femme tient un presse-papiers et l’homme porte un stéthoscope.

Mot de la présidente- directrice générale

Il va sans dire que nous avons tous vécu une année 2020-2021 exceptionnelle. Comme l’ensemble des organisations, le Réseau a dû s’adapter. Voilà donc plus d’un an que notre équipe est en télétravail complet.

Mais de manière plus importante encore, ce sont nos vies qui ont été bouleversées par cette pandémie. Et si nous avons tous été affectés de manière différente – et à divers degrés – personne n’a été épargné par la crise sanitaire.

Nous avons donc dû faire preuve de beaucoup de souplesse afin de traverser cette période difficile, selon les capacités et les moyens de chacun. De même, il a fallu travailler différemment, prioriser nos actions et nos interventions sans toutefois perdre de vue nos fondements stratégiques et nos résultats attendus.

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Au cours des derniers mois, le Réseau a été impliqué dans plusieurs forums différents traitant des enjeux liés à la COVID-19, toujours dans l’objectif de s’assurer que les réalités et les besoins des francophones soient pris en compte par les instances de planification et de prestation des services de santé en contexte pandémique.

De même, alors que le système de santé a poursuivi sa transformation, le Réseau a multiplié ses interactions avec les nouveaux joueurs (agence provinciale Santé Ontario, représentants de Santé Ontario Est, Équipes santé Ontario) tout en continuant de maintenir ses relations avec ses partenaires existants, à savoir les Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain et du Sud-Est, avec qui nous avons poursuivi la mise en œuvre de notre Stratégie de services en français de trois ans.

Nous avons maintenu le cap sur nos priorités : l’offre active de services de santé en français de qualité – notamment par l’entremise de la désignation en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario – ainsi que la collecte et l’analyse de données probantes sur la capacité du système en matière de services de santé en français.

Au terme de cette année de transition particulièrement mouvementée – marquée par la transformation du système de santé, le renouvellement de notre mandat comme Entité de planification, l’évaluation de notre planification stratégique, la pandémie et le télétravail – je peux donc affirmer que nous avons réussi à traverser la tempête tout en nous focalisant sur nos objectifs et nos priorités.

En terminant, j’aimerais remercier sincèrement les membres de l’équipe du Réseau de leur persévérance et de leur flexibilité au cours de la dernière année, et les féliciter de l’ampleur du travail qu’ils ont accompli pour notre communauté.

Jacinthe Desaulniers

Deux femmes, un médecin portant une blouse médicale blanche, et une gestionnaire portant un ensemble tailleur violet.

Relation avec la communauté

De « présentielle » à « virtuelle » : voilà comment nous pourrions décrire la transformation de notre relation avec la communauté francophone depuis le début du confinement, à commencer par notre Assemblée générale annuelle. En effet, depuis plus de 20 ans, l’AGA du Réseau est un moment fort de retrouvailles, d’échanges, de collaboration et de réseautage. Le 24 septembre dernier, à la veille du Jour des Franco-Ontariens, nous avons tenu notre première AGA en ligne. Cette nouvelle formule – qui a attiré près d’une centaine de participants – nous a donné l’occasion de partager nos réalisations clés et de lancer notre image de marque rafraîchie.

Au cours des derniers mois, les communications électroniques ont pris les devants ; plus que jamais, il est important que notre communauté puisse s’informer des services, ressources et des nouvelles qui la touchent. C’est dans cette optique que nous avons sondé les 1500 abonnés du Réseau Express – notre bulletin d’information communautaire hebdomadaire – sur leurs préférences et leurs besoins.

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Les participants au sondage ont indiqué un haut taux de satisfaction à l’égard du bulletin :

88%

des répondants se sont dits « satisfaits » ou « très satisfaits » ;

78%

des répondants estimaient que le bulletin les aidait à « trouver les informations, ressources et services dont (ils) avaient besoin » ;

91%

estimaient que le bulletin leur permettait de rester informés « du travail effectué par le Réseau et des résultats obtenus pour la communauté francophone ».

Les répondants ont également indiqué que les sections les plus pertinentes pour eux étaient l’« Actualité du Réseau », les « Nouvelles » et les « Ressources ». En nous appuyons sur ces informations, nous avons considérablement bonifié ces sections – particulièrement la section « Nouvelles » – afin que nos lecteurs aient accès à des informations justes et coordonnées en ce qui concerne la pandémie. Nous avons d’ailleurs reçu plusieurs messages positifs à cet effet. À nos lecteurs assidus : merci de votre appui et de votre rétroaction en continu !

À l’automne 2020, nous avons tenu une série de groupes de discussion virtuels dans le cadre du projet « Le Réseau à l’écoute ». Ces consultations nous ont permis d’en savoir davantage sur les moyens de récolter les expériences des patients et des proches aidants. Au cours des prochains mois, ce projet deviendra l’un des moyens privilégiés par le Réseau afin d’intégrer votre rétroaction dans nos recommandations auprès du système de santé. « Le Réseau à l’écoute » fait également partie d’un plan de communications stratégiques et d’engagement communautaire plus large qui sera mis en œuvre au cours de la prochaine année. Ce document sera bien sûr arrimé à notre prochain plan stratégique.

Le comité des membres corporatifs du Réseau s’est rassemblé le 4 mars dernier. Merci à tous nos partenaires qui, malgré leur horaire très chargé, ont participé à ce forum régional sur les services de santé en français. Au cours de cette rencontre, nos membres ont réaffirmé la nécessité de créer une table de concertation sur les services en français, en plus de discuter de l’importance des données probantes sur la santé des francophones, ainsi que de leurs besoins en matière de recrutement de personnel bilingue.

Une femme aînée vêtue d’un masque, d’une écharpe jaune, d’un manteau rose, d’un chandail bleu et d’un pantalon gris. Elle porte un sac à main.

Nous terminons donc l’année 2020-2021 avec 74 membres corporatifs qui appuient les services de santé en français dans la région2. Au cours de la dernière année, nous avons eu l’occasion d’accueillir deux nouveaux membres : l’Équipe psycho-sociale pour enfants, adolescents et familles de Stormont-Dundas-Glengarry et le Centre de santé communautaire Somerset Ouest, à Ottawa. Bienvenue !

En date du 31 mars 2021, le Réseau pouvait également compter sur le soutien de 986 membres individuels, une augmentation de 2,5% par rapport à l’an dernier. Merci d’appuyer la mission du Réseau et d’être nos ambassadeurs dans vos communautés.


  1. Certains de nos membres corporatifs ont été fusionnés au cours de la dernière année. C’est notamment le cas du Centre psychosocial et de la Maison Fraternité, qui forment désormais Le CAP – Centre d’appui et de prévention. C’est également le cas du Centre de services Guigues, qui a rejoint la grande famille de Montfort Renaissance.
Territoire du Réseau : répartition des membres individuels en pourcentage.  Carte de la région de Champlain et de la région du Sud-Est comprenant la Ville d’Ottawa, les comtés de Prescott, Russell, Stormont, Dundas, Glengarry, Renfrew, Lanark, Leeds et Grenville, Frontenac, Lennox et Addington, Hastings, Prince Edward et une partie du comté de Northumberland. 73 % des membres individuels du Réseau se trouvent dans la région de Champlain et 27 % dans la région du Sud-Est.

Données probantes

2020-2021 a marqué la troisième année consécutive de collecte de données probantes sur la capacité de services de santé en français à l’échelle provinciale. 1418 fournisseurs de services de santé ont été appelés à remplir un Rapport de services en français par l’entremise du portail OZi. Nous sommes d’ailleurs très fiers d’affirmer que nous affichons notre taux de complétion le plus haut à ce jour, à savoir 96%, et ce malgré la pandémie. Merci à tous les partenaires – ministère de la Santé, RLISS, Entités de planification et fournisseurs de services – qui ont rendu cette initiative possible.

À la fin de chaque période de collecte de données, le Réseau effectue un sondage de la satisfaction anonyme auprès de tous les utilisateurs du portail OZi. Cet exercice d’amélioration continue s’est révélé très bénéfique, puisque la satisfaction des utilisateurs à l’égard du processus de collecte de données a connu une croissance constante au cours des trois dernières années, comme en témoigne la figure ci-dessous :

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Au terme de ces trois années, nous pouvons affirmer que cette stratégie a permis à tous les acteurs du milieu de collaborer par l’entremise d’un portail web et, surtout, d’accéder à des informations essentielles en temps réel.

En août 2020, le ministère de la Santé a informé le Réseau qu’il rapatriait l’exercice de collecte et d’analyse de données au sein de l’appareil gouvernemental. Depuis ce jour, l’équipe OZI – une organisation apparentée au Réseau – collabore avec le ministère afin d’assurer une transition efficace et efficiente. Le Réseau se réjouit que le ministère reconnaisse l’importance de ces données et qu’il prenne ses responsabilités en ce qui concerne la collecte, l’analyse et l’utilisation de données sur la capacité du système à offrir des services en français. Bien évidemment, nous nous tenons prêts à collaborer davantage afin que cette stratégie de données demeure pérenne.

Nous voulons toutefois nous assurer que la collecte et l’analyse de données par le gouvernement amènent les gains escomptés, à savoir une plus grande intégration des données sur les services de santé en français au sein de la stratégie de données ministérielle. Voilà pourquoi nous demeurons vigilants.

À titre de réseau-ressource de la Société santé en français (SSF) nous avons continué de soutenir la stratégie nationale de données de la SSF. Pour ce faire, l’équipe d’OZi s’est dotée d’un plan de développement pancanadien ayant pour objectif l’harmonisation de la demande et de l’offre dans les marchés publics francophones minoritaires. Ainsi, en collaboration avec l’équipe OZi, nous avons poursuivi notre appui auprès des autres réseaux membres de la SSF, notamment ce qui a trait à leurs propres stratégies de données.

Nous sommes fiers donc de rapporter qu’après deux ans de projet pilote au Manitoba – en collaboration avec le Réseau santé en français –, l’agence provinciale Soins communs a déposé un projet auprès de la SSF afin de retenir les services d’OZi dans le cadre de sa stratégie de données sur les services en français. De même, après plusieurs années de discussions et de négociations, la Saskatchewan Health Authority a retenu les services d’OZI afin d’appuyer le développement de son offre active de services de santé en français.

Enfin, toujours en collaboration avec l’équipe OZI, nous poursuivons des conversations avec d’autres provinces et territoires, ainsi qu’avec Santé Canada et le Consortium national de santé en français (CNFS), afin de déterminer de quelles façons OZi pourrait les appuyer dans leur mission respective.

Deux gestionnaires, une femme vêtue d’un masque, d’un veston bleu et d’une jupe grise, et un homme vêtu d’un complet noir ainsi que d’une chemise et d’une cravate bleues. La femme tient un presse-papiers.
Une femme adulte enlace son jeune garçon.

Planification des services de santé

Un des éléments centraux de la transformation du système de la santé est la création des Équipes santé Ontario (ÉSO). Le Réseau a appuyé et continue d’appuyer le développement de toutes les ÉSO sur son territoire. À la suite d’une nouvelle directive ministérielle permettant aux Entités de devenir membres des ÉSO, le Réseau est devenu membre des différentes ÉSO mandatées pour offrir des services de santé dans nos régions désignées en vertu de la Loi sur les services en français (LSF) de l’Ontario : ÉSO Ottawa, ÉSO Ottawa Est, ÉSO Frontenac Lennox et Addington et Équipe santé Les enfants avant tout.

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Équipes santé dans la région
Statut au
31 mars 2021
Équipes santé qui comptent le Réseau parmi leurs membres
ÉSO Ottawa
Approuvée
Coche
ÉSO Ottawa Est
Approuvée
Coche
ÉSO Frontenac, Lennox et Addington
Approuvée
Coche
ÉSO Lanark-Leeds-Greenville
Approuvée
Coche
Équipe santé Les enfant avant tout
Approuvée
Coche
ÉSO candidate Haut-Canada Cornwall et région
En développement
ÉSO candidate Network 24 (comté de Renfrew)
En développement
ÉSO candidate Quatre rivières (Ottawa Ouest et Champlain Ouest)
En développement
ÉSO candidate Hastings – Prince Edward
En développement
ÉSO candidate Prescott-Russell
En développement

En collaboration avec l’Entité 4, le Réseau a également soumis au responsable régional de la transition de Santé Ontario Est une recommandation conjointe afin que les ÉSO qui servent des régions désignées en vertu de la LSF (Ottawa, Prescott- Russell, Stormont-Dundas-Glengarry, Pembroke et cantons de Stafford et Westmeath, Kingston) soient identifiées pour la prestation de services de santé en français. Cet envoi donnait suite à une lettre de la ministre des Affaires francophones, qui affirmait que les ÉSO seraient assujetties à la LSF.

À l’échelle provinciale, les Entités de planification ont aussi appuyé les ÉSO, notamment par l’entremise de la plateforme RISE (formation, ressources et soutien aux ÉSO en développement). C’est ainsi que les Entités ont participé à la rédaction d’un document d’information RISE sur les composantes essentielles des services de santé en français.

Au cours des derniers mois, le Réseau a poursuivi son rôle-conseil auprès des autorités locales de santé. C’est ainsi que nous avons rédigé un Rapport sur les services de santé mentale et de lutte contre les dépendances dans la région de Champlain. Cette analyse de capacité met en lumière les écarts de services en français dans ce secteur. Ce document comprend également une série de recommandations visant à améliorer l’offre de services en français dans la région, notamment dans Champlain Ouest où celle-ci est plus que parcellaire.

Si ce rapport s’appuie entre autres sur les données colligées à l’aide du portail OZi, il est important de noter qu’il ne porte que sur les services de santé mentale et de lutte contre les dépendances (SMD) financés par le RLISS. Aussi, nous espérons que l’intégration du système de santé en cours nous permettra éventuellement d’avoir accès à des données plus complètes, notamment en ce qui a trait aux services de SMD financés directement par le ministère de la Santé, ou encore ceux financés par d’autres ministères.

Il va sans dire que la pandémie de COVID-19 a propulsé les services de santé numériques au cœur de nos préoccupations. C’est dans cet esprit que le Réseau a publié deux mémoires sur la santé numérique. Le premier mémoire a été soumis au Bureau de la concurrence dans le cadre d’une étude de marché sur le secteur des soins de santé numériques au Canada. Le second mémoire a été présenté au ministère de la Santé à la suite d’un examen des deux principaux documents d’orientation stratégiques provinciaux sur la santé numérique. Cette analyse a révélé qu’aucun de ces deux documents ne fait référence à d’éventuels outils de santé numériques accessibles en français, ni aux besoins des francophones en matière de santé numérique. En prévision de la mise à jour de ces documents stratégiques, le Réseau a donc présenté une série de recommandations afin que la communauté francophone soit impliquée dans la planification des services de santé numériques en français.

Enfin, le Réseau demeure très impliqué dans les efforts de planification de services de santé liés à la pandémie de COVID-19. C’est ainsi que nous siégeons à plusieurs tables, comités et groupes de travail, toujours dans l’objectif d’assurer une perspective francophone. Nous participons notamment aux groupes suivants : COVID‐19 : Collaboration Table (Table de collaboration provinciale sur la COVID-19), MHA COVID Response Table (Table de SMD provinciale), Champlain MHA COVID Meeting (Table de SMD de Champlain), South East LHIN AMH COVID Weekly Touchpoint (Table de SMD du Sud-Est), ainsi que l’Ottawa Vaccine Sequence Strategy Task Force (Comité de vaccination d’Ottawa).

Une professionnelle de la santé vêtue d’un masque et d’un uniforme médical bleu tient un dossier.

Désignation

À titre d’Entité de planification des services de santé en français, le Réseau continue de privilégier la désignation en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario comme mécanisme permettant d’assurer une offre active et permanente de services de santé de qualité en français dans notre région. C’est pourquoi nous accompagnons 59 fournisseurs de services de santé des régions de Champlain et du Sud-Est dans le développement de leur plan de désignation ou de leur attestation de conformité.

Le comité de désignation a été très actif au cours des derniers mois. Au total, six attestations de conformité ont été évaluées par le comité et envoyées au ministère de la Santé. De même, cinq nouvelles de demandes de désignation ont été évaluées par le comité ; parmi celles-ci, trois ont été acheminées au ministère de la Santé.

Une préposée aux services de soutien personnel aide une femme aînée à se déplacer avec une marchette.

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Dans la région de Champlain, le conseil d’administration du Réseau a recommandé la désignation du Foyer St-Jacques (Embrun) en septembre 2020. La demande de désignation a été soumise au ministère de la Santé pour approbation finale. Le Réseau a aussi recommandé la désignation d’un programme additionnel3 à l’Hôpital Renfrew Victoria  ; cet organisme est toujours en attente d’une réponse du ministère en ce qui a trait à sa demande de désignation initiale. Par ailleurs, le Centre Amethyst pour femmes toxicomanes (Ottawa) a reçu sa désignation officielle de la part du ministère des Affaires francophones en octobre 2020. Félicitations !

Dans le Sud-Est, après plusieurs années de travail structurel, nous sommes fiers de souligner qu’un toute première demande de désignation a été approuvée par le conseil d’administration du Réseau : celle de VON Greater Kingston (Infirmières de l’Ordre de Victoria du Canada – branche de l’Ontario, Kingston). En effet, le 25 février 2021, le CA a jugé que cet organisme avait la capacité d’offrir des soins à domicile en français de manière active et permanente. La demande de désignation de l’organisme a donc été envoyée au ministère de la Santé pour approbation finale. Nous tenons à féliciter VON Greater Kingston pour cette réalisation importante ! Cette désignation à venir est une première pour un fournisseur de services de santé à Kingston.

La désignation connaît d’ailleurs une avancée sans précédent dans le Sud-Est. En effet, les neuf fournisseurs de services de santé identifiés pour la désignation ont tous soumis un plan de désignation en 2020. À la suite d’un examen de conformité aux exigences de désignation par l’équipe de planification et d’engagement communautaire du Réseau, il convient de noter que plus de la moitié de ces plans affichaient un taux de conformité de plus de 50%, et que parmi ceux-ci, deux plans affichaient un taux de conformité de plus de 80%. Ces taux démontrent donc un réel progrès dans la région et d’autres désignations sont à prévoir au cours des prochaines années.

En octobre 2020, le Réseau recommandait au RLISS du Sud-Est d’identifier les Centres de santé communautaires de Kingston (CSCK) comme site francophone pour les soins primaires dans la région. À la suite de la publication de notre rapport Améliorer l’accès aux soins primaires dans la ville de Kingston, les CSCK ont entrepris des démarches afin d’être identifiés pour la désignation. Cette demande d’auto-identification a depuis été approuvée par le RLISS du Sud-Est et les CSCK ont entamé leur processus de désignation afin que les francophones du Sud-Est aient accès à des soins primaires en français.

Enfin, les récentes avancées en matière de désignation ont amené le Réseau à optimiser ses pratiques de communications à ce sujet. C’est ainsi que nous nous sommes dotés d’une procédure de communication standardisée afin de mieux informer les francophones des impacts positifs de la désignation sur l’offre de services de santé en français dans nos communautés. Au cours des prochains mois, nous aurons l’occasion de tester et peaufiner cette procédure, notamment lorsque de nouvelles désignations seront officiellement annoncées par le ministère des Affaires francophones de l’Ontario.


  1. Il s’agit du programme de soutien régional aux victimes d’agressions. Les deux autres programmes inclus dans la demande de désignation initiale de l’Hôpital Renfrew Victoria sont : les services de traitement des dépendances, et le programme d’hémodialyse et de néphrologie.
Un homme aîné vêtu d’un veston gris, d’une chemise blanche, ainsi que d’un gilet et d’un pantalon gris. Il tient un téléphone intelligent.
Une professionnelle de la santé en uniforme médical vert.

Gouvernance

L’année 2020-2021 marque la fin de notre Plan stratégique 2016‐2021, ainsi que l’évaluation de ce dernier. Le premier constat que nous tirons de cet exercice est qu’au cours des cinq dernières années, notre environnement s’est trouvé en perpétuel changement, comme en témoigne le récapitulatif ci-dessous :

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2016 à 2021 : une période mouvementée pour les services de santé en français

Mars 2016
Adoption du Plan stratégique 2016‐2021 du Réseau.
Décembre 2016
Adoption de la Loi de 2016 donnant la priorité aux patients par 2016 le gouvernement libéral de Kathleen Wynne.
Juin 2017
Les CASC (Centre d’accès aux soins communautaires) sont intégrés au sein des 2017 RLISS (Réseaux locaux d’intégration des services de santé).
Novembre 2017
Modification du Règlement de l’Ontario 515/09 : Engagement de la collectivité francophone (règlement sur les Entités de planification des services de santé en français).
Novembre 2017
Adoption du Guide des exigences et obligations concernant les services de santé en français par les intervenants du système de santé (ministère de la Santé et des Soins de longue durée, RLISS et Entités de planification des services de santé en français).
Juin 2018
Élection du gouvernement conservateur de Doug Ford.
Novembre 2018
Abolition du Commissariat aux services en français indépendant.
Janvier 2019
Le Conseil du premier ministre pour l’amélioration des soins de santé et l’élimination de la médecine de couloir, mené par le Dr Rueben Devlin, publie son premier rapport.
Février 2019
Création de l’agence provinciale Santé Ontario.
Février 2019
Abolition des conseils d’administration des RLISS.
Mars 2019
Adoption de la Loi de 2019 pour des soins interconnectés par le gouvernement Ford.
Mai 2019
Le Commissariat aux services en français est intégré au Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario.
Juin 2019
Le Conseil Devlin publie son deuxième et dernier rapport.
Juin 2019
Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée est scindé en deux : le ministère de la Santé (qui comprend le nouveau ministère associé délégué au dossier la Santé mentale et de la Lutte contre les dépendances) et le ministère des Soins de longue durée.
Novembre 2019
Création des cinq régions de Santé Ontario, dont Santé Ontario Est, qui regroupe les RLISS de Champlain, du Sud-Est et du Centre-Est.
Décembre 2019
Création des premières Équipes santé Ontario (ÉSO).
Mars 2020
Publication du Règlement Participation de la communauté francophone en application de l’article 44 de la Loi de 2019 pour des soins interconnectés (nouveau règlement sur les Entités de planification des services de santé en français).
Mars 2020
Début du confinement en Ontario en raison de la pandémie de COVID-19.
Juillet 2020
Adoption de la Loi de 2020 pour connecter la population aux services de soins à domicile et en milieu communautaire par le gouvernement Ford.
Décembre 2020
Le mandat du Réseau à titre d’Entité de planification des services de santé en français pour les régions de Champlain et du Sud-Est est renouvelé pour une période de deux ans.
Avril 2021
Les responsabilités des RLISS non liées aux soins de patients sont officiellement transférées à Santé Ontario, à l’exception des soins à domicile et en milieu communautaire. Les RLISS opèrent désormais sous un nouveau nom commercial : Services de soutien à domicile et en milieu communautaire.
Avril 2021
Le nouveau Règlement de l’Ontario 211/21: Participation de la communauté francophone en application de l’article 44 de la Loi en vertu des soins interconnectés entre en vigueur.

Malgré cette grande instabilité, le Réseau a tout de même réussi à faire faire avancer ses cinq orientations stratégiques. Nous avons également été en mesure d’atteindre notre aspiration organisationnelle, à savoir : « Partenaire dans la transformation du système de la santé, le Réseau oriente de façon significative l’offre active et les stratégies d’accès aux services de santé en français. Il suit la mise en œuvre de ces orientations et contribue à des solutions viables de services de santé de qualité en français. »

En effet, le Réseau a considérablement orienté l’offre active et les stratégies d’accès avec son modèle de données, lequel a été mis en œuvre à l’échelle provinciale. Grâce à OZi, nous avons pu suivre la mise en œuvre de la désignation, ce qui nous a permis de constater des progrès significatifs dans notre région. Cependant, force est d’admettre qu’il a été plus difficile de suivre la mise en œuvre d’autres solutions viables de services en français, compte tenu de tous les changements législatifs et administratifs survenus au cours des cinq dernières années.

Le Plan stratégique 2016‐2021 a donné un alignement clair au Réseau et lui a permis de se démarquer. En prévision du prochain exercice de planification stratégique, le conseil d’administration a décidé d’entreprendre un rigoureux exercice de planification et de positionnement stratégique. Un travail qui comprend une analyse exhaustive de l’environnement, mais aussi de l’évolution du Réseau et de ses partenaires clés, dont le Regroupement des Entités de planification des services de santé en français de l’Ontario, l’organisme à but non lucratif 10551040 Canada Institut, et la Société Santé en français.

Certes, notre environnement est toujours en mutation, mais le Réseau a fait le choix éclairé de se doter d’un plan flexible pour l’avenir. Le conseil d’administration compte donc adopter un nouveau plan stratégique au début de la prochaine année et celui-ci sera largement communiqué auprès de nos membres, de nos partenaires et de notre communauté.

Outre la pandémie, l’année 2020-2021 a également été marquée de nombreuses manifestations contre le racisme sous toutes ses formes, incluant le racisme systémique. C’est dans cet esprit que le conseil d’administration – en collaboration avec l’organisme 613-819 Hub Noir – a entrepris une importante réflexion sur la question. À la lumière de ce mouvement international, le Réseau désire mieux comprendre les impacts des iniquités sociales sur la santé des différentes communautés francophones – notamment les communautés noires – afin de développer des stratégies organisationnelles appropriées.

En terminant, plusieurs de nos réalisations de 2020-2021 n’auraient été possibles sans l’appui de nos bailleurs de fonds : Santé Canada et la Société Santé en français (SSF), le ministère de la Santé, ainsi que les RLISS de Champlain et du Sud-Est.

Les états financiers complets seront présentés à l’Assemblée générale annuelle 2021.

Ce diagramme circulaire illustre les revenus du Réseau. 36 % des revenus proviennent de la SSF, 35 % des RLISS / de Santé Ontario et 29 % des services rendus et autres sources. Le total des revenus s’élève à 2 871 019 $.
Ce diagramme circulaire illustre les dépenses du Réseau. 92 % des dépenses sont consacrées aux salaires et honoraires, 7 % au fonctionnement et 1 % à l’engagement communautaire. Le total des dépenses s’élève à 2 781 246 $.